| Mise
à jour le 07-11-2010 |
| Histoire
du Karaté d'Okinawa |
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Les
archives de karaté sont précieusement gardées
dans les écoles d’Okinawa et racontent l’histoire
détaillée de cet art martial aujourd’hui
connu sur tous les continents. |

Les
archives du karaté d'Okinawa précieusement gardées
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Xe
siècle: Premiers contacts des Ryukyu avec
la Chine
1e
moitie VIIIe siècle: Les Ryukyu sont une terre
d'exil pour un nombre important de Samouraï, de moines
bouddhistes et de lettrés fuyant les guerres civiles
au Japon.
XIIIe
siècle: Okinawa est divisée en trois
provinces autonomes, Hokuzan (1) montagnes du nord, Chuzan
(2) montagnes du centre et Nanzan (3) montagnes du sud. Celles
ci payent le tribut à la Chine et au Japon.
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Les
3 provinces et Naha, la capitale d'Okinawa |
| XIV
e siècle : La tradition dit qu’à
cette époque il éxiste des techniques de combat
de sources chinoises, connues sous le nom de Ti. |

Idéogramme
Ti (ou Te, De, ou encore Tode). |
Il
se noue par la suite d'étroits contacts entre les experts
d'arts martiaux chinois et Okinawaïens. Les relations
qui y furent nouées au cours du temps permirent aussi
à de nombreux okinawaïens de faire le voyage en
sens inverse, pour étudier les arts martiaux à
la source même. |

Boxe
Chinoise (Quan-fa) |
A
partir du XVIe siècle : La technique okinawaïenne
du Te se précise et s’imprègne de plus
en plus d'éléments pris aux nombreux styles
de boxe chinoise (Quan-fa) et qu'elle mérita de plus
en plus l'appellation de To-de, (main chinoise « To
= Chine,Te = main » ).
Fin
du XVe siècle : le roi Sho-Shin proscrit la
possession de tout ce qui pouvait ressembler à une
arme. Les armes furent confisquées et stockées
dans des entrepôts royaux sévèrement gardés.
Les historiens d'arts martiaux voient dans cette décision
de Sho-Shin l'élément capital qui va décider
de l'orientation originale des techniques de combat produites
dans l'île: non seulement les techniques à main
nue (Te, puis Tode), dont les premiers embryons existaient
déjà, sans que l'on puisse en définir
les contours, mais on se mit à considérer avec
un nouvel intérêt les ustensiles à usage
domestique qu'avec un peu d'ingéniosité il serait
facile de convertir en armes redoutables.
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Le
roi Shoshin-O (1477-1526) parmi sa cour |
Les
pêcheurs et les paysans se mirent tout d'abord à
improviser avec leurs outils de travail, d'apparence pourtant
anodine pour la plupart, puis, les siècles passant,
à perfectionner de véritables techniques structurées,
largement inspirées de celles du Te, et actuellement
impossibles à distinguer des mouvements présents
dans les vieilles danses populaires d'Okinawa (Odori). Ce
fut l'origine du Ti-gua, ancêtre du Ko-bujutsu (Jutsu=ensemble
de techniques, Bu=guerrières, Ko=anciennes) puis Kobudo
(Ko=ancien, Budo=voie du combat ou voie du guerrier). |

Paysan
Okinawaïen armé d’une faucille (Kama) et d’une
lance rustique en bambou, à l’origine du Ko-Bujutsu
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Début
du XVIIe siècle : Première trace de
l’appellation de l’Okinawa-te .
Fin
du XVIIe siècle : Les Satsuma envahissent
Okinawa avec 3000 guerriers ,on interdit une nouvelle fois
toute possession d'armes, ainsi que toute pratique à
caractère martial. On est certain qu'une nouvelle fois
les Okinawaïens bravèrent l'interdiction. Ce fut
l'éclosion rapide des techniques de combat. Le Tode
ainsi que le Ti-gua se développent à l'abri
des yeux de l'occupant. Les entraînements ont lieu dans
le plus grand secret, de nuit, et la transmission des techniques
ne se font qu'oralement. Petit à petit cependant, des
experts plus doués émergent du lot des pratiquants,
des styles se diversifient et des maîtres, chefs de
file, codifient leur enseignement, laissant de moins en moins
place à l'improvisation.
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Les
samourais envahissent Okinawa au début du XII siècle
et influencent l’histoire du karaté. |
Au
cours du XIXe siècle : Les écoles prendront
le nom de la localité où demeurent les adeptes,
Shuri-té pour désigner l’école
de Sokon Matsumura (1809-1899) et ses contemporains, Tomari-té
pour désigner une autre école qui se développe
sans le village voisin, et Naha-té pour désigner
l’école des chinois du village de Kumé
qui faisait partie de Naha. Le Tomari-té ressemble
beaucoup au Shuri-té. Ces deux écoles présentent
directement un art de combat produit par la culture d’Okinawa. |

En
rouge les 3 provinces : Tomari, Shuri et Naha |
Après
1868 : Une nouvelle fois tout ce qui ressemble de
près ou de loin à une activité martiale
est proscrit dans l'ensemble de l'Empire.
En
1879 : Okinawa devient officiellement une préfecture
japonaise. L'ordre nippon y règne et les vieux arts
martiaux faillirent bien disparaître. Quelques vieux
maîtres pratiquent encore dans une centaine d'écoles,
dépositaires du patrimoine menacé.
En
1900 : L’étude de L’Okinawa-té
apparut dans les programmes de cultures physiques des écoles
de l’île, comme moyen d’éducation
pour les jeunes. Itosu Anko et Kanryo Higaonna en furent les
pionniers. L’évolution et la modernisation l’Okinawa-te
par la suite, est devenu définitivement le Karaté
quand cette technique fut transmise au Japon.
En
1903 : Première démonstration publique,
à Okinawa, des arts martiaux jalousement préservés
jusque-là de la curiosité des Japonais, toujours
considérés comme des « étrangers
». Ce fut une révélation.
En
1904 : Le gouvernement de Tokyo autorise la pratique
du Karaté dans les écoles, comme faisant partie
de l'éducation physique et sportive. Les Kobudo furent,
par la même occasion, sauvés de l'oubli.
1913
: Resté longtemps secret à Okinawa le karaté
ne fut dévoilé aux yeux du public qu’au
début du XXe siècle
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Sur
ce cliché on peut voir Kanryo Higaonna (assis, 2e en
partant de la droite) et ses
disciples Chojun Miyagi (debout au centre) et Juhatsu Kyoda
(4e en partant de la droite) |
| 1914
: La loi du silence est brisée et le Karaté avec
Funakoshi Gichin est enfin enseigné hors d'Okinawa
Dès
1914 et 1915 : Kenwa Mabuni, Chotoku Motobu, Chotoku
Kyan, Ogusuku, Shinpan Shiroma, Seitoku Ishikawa, Moden Yabiku
et Funakoshi se relayèrent dans une série de
démonstrations publiques à travers l’île
d’okinawa.
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Gichin
Funakoshi dans son style Shotokan Ryu exécutant le kata
Tekki shodan |
1921
: À l’occasion de la venue du prince impérial
sur l’île d’Okinawa, Gichin Funakoshi est
chargé de diriger une démonstration de karaté
faite par des écoliers.
1922
: Un an après cet événement, une exposition
nationale d’éducation physique est organisée
à Kyoto et Gichin Funakoshi est envoyé pour
présenter le karaté d’Okinawa. Après
cette démonstration et avec l’appui de Jigoro
Kano il finit par rester à Tokyo pour y diffuser son
art. C’est à cette période aussi que Jigoro
Kano fit un voyage sur l’île d’Okinawa et
son discours sur le Budo japonais provoqua chez les adeptes
d’Okinawa, une réflexion sur la qualité
culturelle de leur art et la conscience de leur vocation.
Il faut savoir en effet qu’à cette période,
les habitants de l’île vivaient dans une situation
d’infériorité par rapport à la
culture Japonaise.
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Jigoro
Kano (--) fondateur du Judo et une des plus grandes figures
du Budo Japonais de l’époque. L’attitude
de Jigoro Kano était
à l’opposé du sectarisme, pour lui, son
art le Judo faisait partie
du budo, entendu au sens général du terme. Ce
qui diffère
considérablement de l’attitude des pratiquants
de nos jours. |
1926
: A la demande du préfet un groupe de maîtres
d’Okinawa organisèrent une démonstration
de karaté en l’honneur de la deuxième
venue de Jigoro Kano sur lîle et c’est le maître
Chojun Miyagi tout juste agé de 28 ans (fondateur de
l’école Goju Ryu) qui fut chargé de la
lui commenter. Le groupe était composé par les
maîtres : Chojun Miyagi, Juhatsu Kyoda, Chotoku Motobu,
Chomo Hanashiro, Chosho Oshiro, Choshin Chibana et K Go (Chinois).L’explication
du Shuri-té est faite par Kenwa Mabuni et celle du
Naha-té par Chojun Miyagi. A l’issue de cette
démonstration Jigoro Kano dit à Chjun Miyagi
et Kenwa Mabuni : « je pense qu’au point de vue
de l’éducation physique et morale l’art
du combat d’Okinawa doit être développer
à grande échelle dans l’avenir et diffuser
à Hondo ( l’île principale du Japon) »
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Chojun
Miyagi (à droite) à l’entraînement
avec son élève Eiichi Miyazato. |
1928
: Tout comme Gichin Funakoshi, Kenwa Mabuni quitte seul l’île
d’Okinawa pour Tokyo.
1929
: Kenwa mabuni s’implante difinitivement à Osaka
avec toute sa famille.
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Kenwa
Mabuni dans son style bien particulier, le Shito-ryu. |
1937
: Démonstration de karaté dans la cours du chateau
Shuri-Jo |

Démonstration
de karaté sous la direction de Shinpan Shiroma. On peut
remarquer quà cette époque les disciples n'avaient
pas encore le Kimono. |

Un
document exceptionnel : au premier plan, sur l’estrade,
se trouve le maître Juhatsu Kyoda
dirigeant un entraînement collectif de karaté d’une
école d’Okinawa. |

Huit
maîtres de karaté posent pour la postérité.
Assis de droite à gauche : Chojun Miyagi, Chomo Hanashiro,
Kentsu Yabu, Chotoku Kyan.
Debout de droite à gauche : Genwa Nakasone, Choshin Chiban,
Choryo Maeshiro, Shinpan Shiroma |
1939
à 1945 : Okinawa dévastée par
la guerre et nombre d'experts, archives vivantes des arts
martiaux, disparaissent. C’est aussi à ce moment
la que les premiers Japonais se mirent à l'étude
de ces curieuses techniques inventées autrefois par
ces paysans méprisés de leur lointaine colonie
d'Okinawa. Le relais est pris et la relève enfin assurée.
1950
:
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Choshin
Chibana (assis au centre), du karaté Shorin ryu, entouré
de ses
disciples à l’occasion d’une grande rencontre
annuelle. |
Après
1950 : Les experts d'Okinawa s'organisent en fédérations
plus ou moins rivales, achevant de codifier leur enseignement
sur des bases nouvelles, incorporant, modifiant, voire créant
des Kata nouveaux. Parallèlement, des experts japonais
créent leurs propres styles avec d'autres modifications...
Mais les deux groupes d'experts se réclament toujours,
aussi farouchement l'un que l'autre, de la lignée des
anciens maîtres d'Okinawa
1960
:
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Le
maître choshin Chibana vient de recevoir le prix de l’Okinawa
Times Atlhetic Service.
Autour de lui se trouvent de grands maîtres d karaté.
Katsuya Miyahira, Shoshin Nagamine,
Chochin Chibana, Yuchoku Higa, Meitoku Yagi, Shinei Kyan et
kanei Uechi. Debout,
Seiki Itokazu, Seiko Fukuchi, Hohan Soken, Shugoro Nakazato
,Sikichi Toguchi. |
1997
: 1er championnat du monde de karaté et de Kobudo à
Okinawa organisé à Naha (capitale d’Okinawa)
1997. |

Ce
championnat fut l’occasion, notamment pour les délégations
étrangères d’assister à des démonstrations
techniques et
de participer à des stages dirigés par par les
plus grands maîtres d’Okinawa du moment.
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Aujourd’hui,
depuis la création de ce 1er championnat du monde,
le Karaté s’est divisé en deux pôles
: le Budo et le sport. Le problème fondamental est
la confusion entre ces deux pôles, c'est-à-dire
deux disciplines qui portent le même nom mais dont les
compétences requises dans leur domaine sont différentes.
En tant que sport le Karaté est bien constitué
.En tant que Budo le Karaté est un processus inachevé,
et toujours en cours. |