Source : Photo Budokai Mandeure

Le Karaté, une vieille histoire
 
Le Karaté a une très vieille histoire et remonte loin dans le passé à une époque ou la loi n'offrait pas la même protection qu'aujourd'hui .Ainsi l'autodéfense était vitale pour la survie.

Les premières traces de techniques de coups de poing ou de pied, remontent jusqu' à la Chine ancienne ou un moine bouddhiste Bodhidharma (également connu sous les noms de Daruma en japonais, ou Da Mo) venu de l'Inde au début du VI siècle, passa par le célèbre « monastère de la jeune forêt» (Shaolin en chinois, ou Shorinji en japonais).

Bodhidharma (460-534) Moine bouddhiste amena
en Chine les bases d’un art martial à main nue
Il laissa à ses moines les premières techniques appelées « boxe de Shaolin » (Shaolin-chuan) ou encore (quanfa -méthode poings) et applicables au combat à main nue. Le monastère fut réputé au cours des siècles suivants pour les techniques de combat craintes et respectées dans toute la Chine.

La porte du temple de Shaolin, situé dans la province chinoise du Honan. Au centre de la Chine
Ce temple est considéré comme le berceau des arts martiaux chinois, lesquels ont influencé
le karaté d’Okinawa. Il y a encore quelques années ,le temple était en trés mauvais état.
Désormais ouvert au public ,il est en restauration. C'est en 495 que l'empereur Hsiao-Wen fit
construire le temple. Selon un dicton chinois "tous les arts martiaux connus sous le ciel sont
nés à Shaolin.Le Bouddhisme ch'an ou zen et la boxe chinoise
constituent l'essentiel de ce que le temple a légué au monde.
Ces arts martiaux chinois (Wushu) furent longtemps connus en Occident sous le nom de Kung-fu. Au japon elles devaient prendre le nom de Kempo.

Monastère chinois de Shaolin, technique de boxe ancienne (Chuan-fa)
Grâce aux échanges commerciaux et culturels entre la chine et l'île d'okinawa au sud du japon, un art martial du nom d'okinawa-te « main, ou technique, d'Okinawa » pris naissance. Cet art est un mélange entre la méthode chinoise To-de « main chinoise » et les arts martiaux existant sur l'île qui fut alors le creuset où s'élabora la forme définitive de « l'art de la main vide » avant que celui-ci ne trouve grâce à l'impulsion japonaise un retentissement mondial sous le nom de Karaté, ou Karaté-do.

Le port d'armes étant interdit au peuple, les arts de combat connurent en 1429 un rapide développement sous le règne de l'empereur Shohashi et aussi sous l'occupation de l'Île par les Samouraï japonais en 1609 après la conquête au pouvoir par Shimazu. Les techniques de combat à main nue, devinrent réputées et d'une efficacité meurtrière même face à un guerrier armé.

L'okinawa-te se structura au XIX siècle en fonction de trois pôles de base, les localités de Naha (Naha-te), de Shuri (Shuri-te) et de Tomari (Tomari-te) ou son enseignement et sa pratique restèrent secrets jusqu'à la fin du siècle, date à laquelle les instructeurs locaux estimèrent que les temps avaient suffisamment changé pour qu'ils puissent désormais rompre le silence sur les principales techniques de combat alors connues.
Au début du XXe siècle l'étude de l'Okinawa-te, au prix toutefois d'un certain nombre d'aménagements excluant les risques de blessure, apparut dans les programmes de culture physique des écoles de l'Île, comme moyen d'éducation. La première démonstration publique d'okinawa-te eut lieu en 1900 et les écoles en firent une discipline sportive en 1901.

Itosu Ankoh (style Shorin, basé sur les déplacements longs, rapides et légers) et Higaonna Kanryo (style Shorei, surtout efficace pour le combat à courte distance et plus en force) formèrent alors les hommes qui, un peu plus tard, portèrent leurs techniques au Japon et devinrent ainsi les chefs de file des principales écoles actuelles.

Gichin Funakoshi (1869-1957) est le fodateur du Shotokan Karatédo,
Il est considéré comme le père du Karaté moderne
1915 – 1925 : L'ouverture de l'Okinawa-te vers l'extérieur n'eut lieu que dans ces années grâce à Funakoshi Gichin professeur à l'école supérieur de pédagogie d'Okinawa, considéré comme le père du Karaté actuel.

1916 : Gichin Funakoshi enthousiasma les japonais par la 1e démonstrations de karaté.

1922 : Après une 2e démonstration qu’il fit auprés du même public japonais, il fut prié de rester au pays pour y enseigner. Funakoshi coupa le lien avec l'origine chinoise et okinawaienne de son art, en l'appelant Karaté, littéralement « main vide ». Il en fit ainsi un symbole du combat à mains nues.

1930 : La technique qu'il enseigna fut nommée « Shotokan » par ses élèves, du nom de la salle d'entrainement ou le cercle, le club (Kan) ou exerçait le maître, Shoto « le pin » étant le nom que Funakoshi avait pris pour signer ses poèmes. Celui-ci y insista d'emblée sur la valeur spirituelle des gestes qu'il enseignait en y ajoutant le suffixe" Do», afin de placer son art au niveau de celui des arts martiaux japonais (Budo) et rappeler que son Karaté permettait lui aussi, au même titre que n'importe quel Budo, une approche de l'ancien esprit des Samouraï (recherche de la voie philosophique à travers la pratique d'un art de guerre).

1936 : Ce fut le début du karaté en tant que sport de combat. La nouvelle formule évitait les risques de blessure et permettait l'organisation de compétitions. Cette année vit aussi la première compétition officielle de jiyu kumite (combat libre) auparavant on n’avait jamais connu que des tournois de katas.

Choki Motobu (1870-1941) avait développé une forme de karaté orienté
sur l’éfficacité en combat. En 1921, il mit K.O un boxeur occidental,
ce qui renforça l’image du Karaté dans le public japonais.
Choki Motobu est à gauche sur les 2 photos
.
Mabuni Kenwa (1889-1952) apporta le style Shito-ryu et Miyagi Chojun (1887-1953) fonda Goju-ryu. Toutes les écoles (Ryu) avaient pris l'appellation de Karaté, en raison de la publicité dont le nom bénéficiait déjà. Ce fut dans ces années 1930 que s'élabora, avec des apports propres aux Japonais et sous l'impulsion de jeunes universitaires, le Karaté dit moderne .L'évolution se poursuivait alors au sein même du Shotokan, sous l'influence du fils du maître, Funakoshi Yoshitaka, qui développa des techniques basses et longues, avec recherche d'efficacité sur longue et moyennes distances.

Photo des années 1930 montrant l’entente qui régnait alors
entre les maîtres pionniers : Gichin Funakoshi est debout à gauche,
Kenwa Mabuni du style Shito Ryu est assis. A l’extrème droite,
l’un des fils de ce dernier, Kenei Mabuni, à ses cotés Hiroyuki Konishi
1960 : C'est ce Shotokan moderne qui fut, avec ses experts essaimant dans le monde entier sous l'impulsion de la Japan Karate Association (J.KA) dans les années 1960, à l'origine de l'intérêt des non Japonais pour le Karaté

Funakoshi Yoshitaka (1906-1945), fut à l’origine d’une évolution du Karaté Shotokan.
Otsuka Hironori (1892-1981) cependant, déjà expert de Jujitsu et qui avait étudié sous Funakoshi Gichin, voulut en rester au style traditionnel introduit par ce dernier et fonda le style Wado-ryu.

Hironori Otsuka (à droite) effectuant une démonstration avec son fils Jiro
lors d’un championnat du monde de Karaté à Long Beach (Etats-Unis)
Shotokan, Goju-ryu, Shito-ryu et Wado-ryu étaient alors les quatre styles majeurs. D'autres apparurent et se développèrent rapidement: ainsi le Kyokushinkai de Mas Oyama (1923-1994), le Shotokai de Egami Shigeru (1912-1981), le Shukokai de Tani Chojiro (1921-1998), le Shorinji-Kempo, etc.

Shigeru Egami, fut l’élève de Gichin Funakoshi.
Reste que près d'un siècle après la première démonstration de Funakoshi Gichin au Japon, les efforts des pionniers ont largement porté leurs fruits, et de plus en plus nombreux dans le monde sont les karatékas, âges et races confondus, qui partagent, parfois sans le savoir, un héritage venu d'un très lointain passé.