Source: Photo Budokai Mandeure















Source: Photo Budokai Mandeure

Cinq principes des techniques de défense


"Uke no gogensoku"


Mabuni Kenwa accordait une grande importance à une suite de catégories techniques appelée " les cinq principes de défense ". Ceux-ci expliquent comment des techniques de défense de coup deviennent en même temps celles d'attaque. Ces cinq principes sont : rakka, ryu-sui, kusshin, ten'i et hanggeki.

Rakka

Rakka consiste à repousser le coup de l'adversaire sans déplacement. Cette appellation, dont le sens littéral est "la chute de la fleur" vient de la référence faite à la vigueur de la terre qui réceptionne ce qui tombe dessus sans aucun mouvement d'évitement et sans subir aucun dommage, à l'image de la terre sur laquelle tombe la fleur. En clair, il s'agit de l'attitude de fermeté face à l'adversaire dont on ne vise pas à éviter le coup, mais à le repousser avec une puissance plus grande afin de le déséquilibrer l'adversaire et de mettre ce dernier dans une position défavorable par rapport à soi, le soummettant ainsi à son contrôle. Cependant, n'oublions pas non plus que cette technique de rakka ne s'arrête pas là, mais doit être accompagnée, dans la simultanéité, d'une attaque effectuée, soit par la même main qui repousse l'attaque (ukete) ou par l'autre main propulsée à partir de la popsition de la hanche (hikité). Enfin on peut comparer cet enchaînement avec l'image de la balle lancée contre le mur qui la renvoie aussitôt sans qu'il y ait un temps mort, le contact et le renvoi s'effectuant dans le même temps et non dans un rythme de un-deux.

Ryu-sui

Ryu-sui signifie "l'eau qui coule", et cette technique consiste, à l'image de l'eau dont le cours ne va jamais contre la force de la nature, à laisser filer l'attaque de l'adversaire sans y mettre aucune résistance. Il s'agit d'une technique de déviation de l'attaque de l'autre en y ajoutant une force extérieure, en faisant en sorte de dévier la direction dans laquelle va la force d'attaque. Mais, là aussi, la main qui a dévié l'attaque de l'adversaire (ukete) ou l'autre main (hikite) doit savoir en même temps entrer dans une action de riposte. Par rapport à la technique de rakka, celle de ryusui n'inflige pas de dommage puisqu'elle consite à dévier la force de l'autre, mais il est nécessaire que cette attitude défensive se transforme dans un même temps en une attaque.

Kusshin
Kusshin, que l'on peut traduire par "flexion-extension", est une technique pour réceptionner le coup dans le mouvement de la flexion ou de l'extension du corps, et elle cherche à couper l'élan offensif de l'autre en lui faisant perdre l'équilibre pour ensuite entrer en attaque. La réalisation de cette technique nécessite de saisir dans quel mouvement, dans quel équilibre et dans quel rythme respiratoire se trouve l'autre par rapport au sien et que le plus important est d'enchaîner cette technique avec la riposte qui doit s'effectuer en un temps.


Ten'i

Ten'i consiste à "ouvrir le corps" afin d'éviter l'attaque en déplaçant son propre corps. Par "ouvrir le corps". Par "ouvrir le corps" le il faut entendre "esquiver" (tenshin) : avec cette méthode tenshin, on esquive le coup en déplaçant le corps, en "ouvrant son corps" de profil, en avant ou en arrière, à droite ou à gauche, en diagonale avant, ou arrière droite et gauche. Il est bien entendu que ce déplacement du corps en pivot ne vise pas seulement à esquiver mais son objectif est de se trouver dans une position favorable par rapport à l'adversaire. Cette méthode de déplacement 'tenshin-hô) enseigne le déplacement du corps en huit directions et, pour cette raison, on l'appelle "tenshin-happô".
L'importance que l'on accorde à la technique de déplacement est à vrai dire communément une préoccupation majeure dans le monde des arts martiaux au japon. Cela se voit lorsque l'on sait que l'importance de cette technique est formulée comme une leçon à retenir et à se rappeler toujours, dans un chanten forme de poésie:
" Contre le sabre (tachi) qui s'abat sur soi
on se met de face non avec le sabre
mais il faut l'esqy=uiver en déplaçant le corps".

Sachant que dans ce chant, le terme (tachi) a un double sens: "sabre" et "position du corps redressé ". Cela veut dire que si ce n'est pas "sabre contre sabre" qu'il faut se mettre face à l'adversaire, ce n'est pas non plus "corps contre corps" qu'il faut faire face à l'autre. L'important est d'esquiver le coup par le d"placement. Cette attitude est surtout vraie lorsque l'adversaire est armé: il ne faut pas aller au contact de son corps face à l'arme. Mais n'oubliez pas non plus que l'esquive ne suffit pas . L'adversaire, une fois son attaque esquivée, ne restera pas immobile non plus. L'important est donc de combiner l'esquive avec l'offencive sans y mettre de temps d'arrêt. Ainsi lorsqu'on dit Uke-te, le "défenseur", au karaté, cela siginfie en même temps uchi-te, "attaque".


Hangeki
Hangeki ou "contre-attaque". Avec cette technique, on ne fait pas un pas en arrière pour contrer l'attaque de l'adversaire mais, au contraire, on propulse le coup de l'attaque en repoussant sur sa trajectoire le coup de l'adversaire. C'est une technique de "contre-attaque par anticipation" et une technique propre au shito-ryu. Pour réussir cette technique, il est primordial de savoir mesurer le moment oportun et l'angle dans lequel soncoup doit partir.

Source : La voie de la main nue - Mabuni Ken'ei - Editions Dervy, 2004